AEG 4159 User Manual Page 346

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Les placements financiers
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familles bourgeoises réalisent. La montée de ces deux valeurs se fait au détriment des fonds
publics qui ne cessent de décliner. Mais ces placements, à l'exception des compagnies de
chemin de fer américaines, se réalisent majoritairement dans les régions voisines. Les bassins
houillers français, en particulier, concentrent une bonne partie des investissements genevois
sur ce type d'activité, et les compagnies gazières françaises sont également bien placées dans
les portefeuilles genevois. Les investisseurs n'hésitent donc pas à sauter une frontière si les
rendements projetés sont alléchants. En cela, l'étude des déclarations de successions
semblerait montrer que la "loi des liquides" de l'ancien syndic Cramer était une réalité de la
finance genevoise.
Les placements en fonds publics, majoritaires pendant une bonne partie du XIX
e
siècle, se
réalisent plus facilement dans des états éloignés de Genève. Le voisin français, une nouvelle
fois, représente une destination de choix, même si l'Italie tient une place honorable. Les
origines des familles bourgeoises de Genève, ainsi que l'existence de liens familiaux ou
d'affaires avec des correspondants se trouvant sur place, constituent le vecteur de ces
investissements. De plus, le renversement politique qui a lieu au milieu du siècle n'incite pas
les anciens bourgeois à aider une administration genevoise qui les a mis sur la touche.
La Suisse a une position trompeuse. En dehors des compagnies de chemin de fer, les
investissements genevois effectués dans d'autres cantons que Genève sont pratiquement nuls.
Par ses investisseurs, Genève est pendant une grande partie du XIX
e
siècle, économiquement
bien plus liée avec la France ou les Pays-Bas qu'avec les autres cantons suisses. L'union de
Genève à la Confédération en 1815 apparaît de ce point de vue comme un mariage de raison
politique, et non économique. Cependant, la tendance des investissements nationaux s'inverse
dans le dernier quart du siècle. La part du capital investi en Suisse, sans jamais atteindre 30%
du total, ne cesse de croître pour s'établir à plus de 20%. Cette évolution est significative,
selon nous, d'un changement d'attitude net vis-à-vis du pouvoir politique. En effet, la tendance
s'inverse clairement après 1865, soit à une année après la fin politique de James Fazy, haï des
conservateurs.
Sans que forcément la disparition du leader radical soit la cause unique de cette inversion de
pratiques, l'élection charnière de 1864, qui voit pour la première fois depuis la révolution
radicale un conservateur rejoindre le Conseil d'Etat, semble effectivement constituer un point
d'inflexion du comportement bourgeois. A partir de 1865, l'atténuation des luttes politiques a
un effet certain sur les investissements de financiers anciennement bourgeois. Le marché
helvétique, s'il reste de faible importance, attire de plus en plus les investisseurs genevois.
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